Une visite surprise !
Dans les premiers jours de mai, nous recevons la visite surprise d’Annie Chéneau-Loquay, directrice de recherche au CNRS. Elle travaille sur l'impact des NTIC en Afrique et le site Africa’nti qu’elle anime est inscrit depuis longtemps dans nos favoris (relayé par GDRI-netSuds ).
A Ziguinchor, Annie Chéneau-Loquay accompagne un étudiant qui travaille sur « les TIC en Casamance », assez logiquement, ils viennent voir ce qui se fait au lycée. Nouha Cissé leur montre avec fierté la salle humtec qui affiche complet au moment de leur arrivée. Nous leur présentons le projet, le succès rencontré par les formations, l’utilisation massive d’Internet par les professeurs et les débuts du site Intranet. Discussion aussi de Monsieur Mboup, responsable technique du lycée, acteur essentiel du projet et témoin des évolutions...
En tant que chercheurs, nos visiteurs voudraient pouvoir mesurer l’impact du projet mais il est encore un peu tôt… d’ici un an par contre, nous espérons constater un impact sur les résultats du bac... Un doute persiste pour eux sur l’efficacité d’un projet en « électron libre » qui n’est pas encadré par un programme institutionnel… Nous pensons pour notre part, que si les 5500 membres de la communauté éducative tirent parti de cet électron libre, ce n’est déjà pas si mal !
Pendant ce temps, l’électricité se venge...
Les travaux de réfection de l’électricité ont commencé… Ce jour là, il s’agit de creuser la tranchée pour enterrer les câbles qui courent dans les arbres… Premier coup de pioche, deuxième coup le pioche… le troisième sectionne net un câble perdu dans la terre et provoque un court circuit monstrueux !
Pas de blessés, heureusement. La salle Humtec est presque indemne, le circuit électrique que nous avons installé a tenu le coup. Par contre, les 30 ordinateurs des salles des élèves sont presque tous hors d’usage.
Le moral n’a pas le temps de battre de l’aile, un réparateur électronicien tombe du ciel et affirme pouvoir réparer les alimentations grillées. Monsieur Mboup prend les choses en main, en trois jours, il y a suffisamment d’ordinateur pour ré ouvrir une salle, une semaine plus tard, la seconde salle accueille à nouveau les élèves…Bravo !
Le projet suit son cours.
L'administration participe enfin aux cours...
Par manque de disponibilité, le personnel administratif n’avait pu jusqu’à présent bénéficier des cours d’informatique. C’est maintenant chose faite et une vingtaine d’entre eux suivent les cours avec acharnement. Objectif : savoir taper un texte mais surtout commencer à travailler avec un tableur, outil précieux pour eux qui calculent les moyennes des élèves et doivent régulièrement fournir listes, récapitulatifs et statistiques.
Les débuts sont difficiles, nous rions beaucoup mais la motivation est là… En trois semaines, la plupart d’entre eux savent faire une liste de leurs élèves, calculer les moyennes, trier et retrier tout ça. La prochaine étape permettra de consolider les acquis.
L'intranet des élèves prend racine.
Les séances de démonstration de l’intranet aux élèves continuent. Les supports de cours sont de plus en plus imprimés. Les élèves demandent à ce que d’autres sujets soient traités. La mécanique se met en marche… Peut-être, déjà cette année, l’Intranet les aidera t’il pour le bac ?
Des points difficiles.
La base de donnée des élèves.
Il s’agit de centraliser tous les élèves (5000 élèves) et leur cursus (3 ans) dans une même base informatisée. Rêve du censeur et de son équipe qui croulent sous des tonnes de dossiers papier et se battent pour centraliser des informations rarement cohérentes. La base est créée et l’historique des informations est en cours de récupération à partir des archives du censeur. Si tout se passe bien, dès la rentrée prochaine les nouveaux inscrits seront enregistrés dans la base.
Cela dit, cette centralisation ne fait pas l’affaire de tous : elle bloque les inscriptions frauduleuses constatées tous les ans par l’administration. En clair, l’inscription d’un élève est officiellement refusée parce qu’il n’a pas le niveau, a dépassé l’âge, a trop redoublé ou doit être dirigé vers un autre lycée… pourtant, quelques mois après, on le retrouve sur la liste d’une classe !
Anecdote : un parent d’élève vient plaider le dossier de son fils dont l’inscription a été refusée. Le proviseur n’accède pas à sa requête. Quelques temps après le proviseur croise ce même parent d’élève qui le remercie chaleureusement d’avoir finalement accepté son fils au lycée !
Un nuage se dessine dans le bel horizon de la centralisation, les bénéficiaires de ces petits arrangements seront-ils prêts à jouer le jeu ?
L’épineux problème de l’autonomie financière .
Quelques éléments pour comprendre :
Le « bloc informatique » est l’ensemble de la structure informatique du lycée, une cinquantaine d’ordinateurs répartis sur 2 salles destinées aux élèves, une salle pour les professeurs (salle Humtec), une salle de production (impression, gravures CD, photos,…) et une salle technique.
Six professeurs du lycée assurent les différents aspects de gestion du bloc informatique : Maintenance, Internet/Intranet, Coordination, Formation, Base de Données et Budget. Jusqu’à présent, ces professeurs, dits « professeurs du bloc », assumaient leurs responsabilités de façon bénévole. La situation a changé avec la visite au lycée du Ministre de l’Education Nationale et son engagement à accorder des heures supplémentaires pour rémunérer le travail effectué pour le bloc informatique (voir lettre d'information n°16).
Les ressources financières : Depuis la rentrée 2005, une quote-part de 500 Cfa (0,80€) est prélevée sur les inscriptions des élèves pour financer le fonctionnement du bloc informatique (Abonnements, entretien, et consommables). En outre, les élèves payent leur accès à Internet 200 Cfa (0,30€) par heure. Selon la population du lycée et la fréquentation des salles, le bloc informatique peut en tout disposer de 3 à 5 millions Cfa par an, soit 4 500€ à 7 500€.
Face à ces projections de « chiffre d’affaire », tous se posent la question : comment répartir les éventuels bénéfices ?
Vaste programme et nombreuses réunions qui se concluent par la signature d’un document consensuel :
En priorité, les bénéfices seront provisionnés pour assurer le remplacement à terme du matériel.
En second lieu, ils seront utilisés pour financer la formation informatique des élèves.
Ce qui reste pourra être réparti entre les « professeurs du bloc » à concurrence d’un montant plafond, afin de ne pas créer d’« îlot de prospérité » susceptible de provoquer jalousies et récriminations…
La réunion de signature coïncide avec la fin de notre séjour...
Rendez-vous au mois d’octobre pour la rentrée scolaire.
SUIVEZ EN DIRECT LE PROJET ZIGUINCHOR
Grâce à la Webcam de la salle HUMTEC vous pouvez voir la salle informatique à disposition des professeurs.
Vous pouvez aussi aller voir le site internet du lycée Djignabo (en construction) :
http://www.lycee-djignabo.com
Avancement du projet - Phase III
