
Association Humanitaire internationale
de développement
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La modification du mode de gestion d’Internet pour commencer, est une remise en cause du statut de l’ICANN (1), organisme semi privé américain qui gère la majeure partie des noms de domaines.
Quand vous tapez le nom d’un site Internet, votre ordinateur se connecte à un serveur DNS (Domain Name Server), une sorte d’annuaire qui fait la correspondance entre le nom que vous connaissez et l’adresse IP de l’ordinateur sur lequel se trouvent le site. Tous les sites mondiaux sont gérés via ce type d’annuaires. L’ICANN gère les noms de domaine générique (gTLD) et en particulier les extensions .com, extension quasi obligatoire de tout site commercial qui veut être mondialement visible. Depuis 1998, les pays hors USA ont créé des entités nationales spécifiques pour gérer les noms de domaine par code pays (ccTLD) avec une extension propre à chaque pays : .fr pour la France, .uk pour le Royaume Uni, etc.…
Exemple : coca-cola.com est un nom dépendant de l’ICANN aux US, coca-cola.fr est géré par l’AFNIC (2) en France. Dans les répertoires DNS, ces deux noms de domaines pointent vers deux sites différents.
Tout site Internet doit demander son enregistrement auprès
de ce type d’entité s’il veut être accessible sur le
net. D’où le pouvoir des entités de nommage qui accordent
le droit de publication à un site et qui peuvent aussi le supprimer…
d’où l’idée d’un organisme de gestion mondial
sous l’égide de l’ONU pour éviter que certains états
n’abusent de ce pouvoir… ipso facto l’ICANN dépendrait
de l’ONU, d’où le désaccord des Etats-Unis qui tiennent
à garder la main sur les .com.
Cette question n’a donc pas été tranchée à
Genève mais elle a le mérite d’avoir été posée.
Un « groupe de travail » est chargé de déterminer
d’ici à 2005, date du prochain sommet à Tunis, s’il
convient de créer une nouvelle autorité de contrôle d’Internet.
Deuxième et principal thème : Réduire
la Fracture numérique Nord-Sud. Objectif : « Permettre
à tous les citoyens du monde de disposer d’un point d’accès
à internet d’ici 2015 »
Vaste programme et vaste assemblée, chef d’états,
entreprises privées et société civile (ONG, associations,
universitaires, médias…), 8.000 délégués au
total devaient s’accorder sur la marche à suivre. Tous s’accordent
en tous cas sur le fait qu’Internet peut permettre de réaliser
en peu de temps des progrès qui auraient nécessité plusieurs
générations dans le passé. Mais si tout le monde est d’accord,
qu’est ce qui manque ?
Dans de nombreux pays, et particulièrement dans les pays africains, il
manque le point de départ, c'est-à-dire un réseau télécom
suffisant pour se connecter à internet. Si la plupart des capitales sont
connectées, le maillage territorial est plus ou moins lacunaire. Quand
le réseau télécom est suffisant, la bande passante doit
être de qualité suffisante pour permettre l’utilisation d’Internet.
C’est le rôle des fournisseurs d’accès Internet (FAI)
qui se rémunèrent ensuite sur les abonnements (en France : wanadoo,
club-internet, free…) Moins il y a d’abonnés potentiels,
moins il y a de candidat pour investir dans ce domaine. Il faut ensuite trouver
l’équipement informatique. L’équipement individuel
est extrêmement coûteux, variant, selon les pays, de sept à
quinze années de salaire moyen. Les connexions se font en priorité
via les points d’accès publics (cyber cafés). L’utilisation
d’Internet reste en majorité restreinte à celle du courrier
électronique, parce qu’il n’y a pas d’ordinateur personnel
mais aussi parce que la connexion coûte cher : 1 minute de connexion Internet
à Genève = 5 cents = 1 dollar en Afrique (pays non précisé
(3)). Parcours du combattant donc pour se connecter en Afrique…
Beaucoup d’idées à Genève pour faire avancer ce problème mais aussi beaucoup de contradictions. Le secteur privé insiste sur la nécessité de réduire la mission des pouvoir publics pour créer un environnement favorable aux investissements. L’UNESCO situe la lutte contre la fracture numérique dans le cadre d’une « infoéthique », pour que la « globalisation ne soit pas culturellement appauvrissante » Les autorités de régulation regrettent que les coûts d’accès soient trop chers pour les pays en voie de développement et prônent l’adoption de mesures publiques incitatives et la production nationale d'équipements. Les chefs d’états d’Afrique quand à eux, rappellent les engagements de la communauté internationale en faveur de l’Aide Publique au Développement (APD). La société civile de son côté, replace le débat sur la Société de l’Information dans le combat pour la liberté d’expression…
Puzzle difficile que de construire la Société de
l’Information avec l’éternel dilemme « qui paye ? »
L'idée d'un "fonds de solidarité numérique" défendue
par Abdoulaye Wade, président du Sénégal, n’a pas
été adoptée. Le sommet s’est conclu par une déclaration
de principe dans laquelle les pays signataires s’engagent à «
utiliser la téléphonie mobile et l’Internet pour améliorer
la croissance économique ».
Les Etats-Unis ont annoncé le déblocage de 400 millions de dollars
pour encourager les firmes américaines à investir sur les technologies
de l’information dans les pays pauvres.
Question : Le développement des pays pauvres ne relèverait-il
désormais que des seules opportunités commerciales ?
Commentaire de l’auteur : si vous voulez du concret rapide et humanitaire, continuez de soutenir Humanitarian Techno Pole…
(1) Internet Corporation for Assigned Names and Numbers.
(2) Association Française pour le Nommage Internet en Coopération.
(3) Yoshi Utsumi, secrétaire général de l’Union Internationale
des Télécommunications (UIT), organisme régulateur mondial
dépendant de l’ONU. Genève, septembre 2002.
Pour en savoir plus…
Site du SMSI : www.itu.int/wsis/index-fr.html
Articles du Monde Diplomatique
• Août 2003 par A MATTELART : Les laissés pour compte du
cyberspace
http://www.monde-diplomatique.fr/2003/08/MATTELART/10308?var_recherche=fracture+num%E9rique
• Janv. 2002 par ANNIE CHÉNEAU-LOQUAY: Manœuvres autour des
télécoms africaines
www.monde-diplomatique.fr/2002/01/CHENEAU_LOQUAY/16003?var_recherche=fracture+num%E9rique
A l’approche des fêtes de fin d’année, il nous a été
impossible de relancer les dossiers de subvention, ce sera fait ce mois-ci.
Compte tenu du manque de budget, nous ne partons pas à Ziguinchor en
janvier.